Shadows of Europe

Episode 1 - Fragmentation

D’autres tirs suivent, et je cherche Rachelle, en panique, puis l’attrape par le poignet.La bouteille en verre de Snapple qu’elle balance vers les piquets de manifestation me passe à un cheveu de la tête; elle virevolte et explose dans une pluie d’éclats sur le plastron d’un flic anti-émeute. Dont les potes se tournent vers nous. Je tire Kelly derrière moi juste à temps, et une balle caoutchouc (du moins je l’espère) me touche au milieu du dos comme un troll tombé de cinq étages. Tout l’air s’échappe de mes poumons et je tombe vers l’avant, me retrouvant la tronche sur le bitumes quand quelqu’un se prend les pieds dans mes jambes et qu’un autre me marche sur la tête, par accident j’espère.

Essayant de respirer malgré des poumons en feu, je roule sur le dos et lève les mains pour protéger mon visage. J’ai perdu Rachelle dans la foule. À travers un ciel nocturne empoisonné par un miasme tournoyant de gaz lacrymos blafard et des panneaux RA flashy des manifestants, je peu voir entre les immeubles. Pendant un moment, je pense presque voir un dragon, son ombre voilant les étoiles entre les gratte-ciel de Montparnasse.

J’en avais jamais vu avant.


Mr Durand se penche en avant et baisse la voix. “Il s’agit d’une tâche très simple dont je suis certain qu’elle entre complètement dans vos compétences. La seule difficulté est qu’elle doit être exécutée dans un délai très court. J’ai besoin qu’un objet soit récupéré dans un lieu proche et rapporté ici. La sécurité devrais être minime, sans nécessité de violence ouverte, bien que pour tout vous avouer” il sourit de manière moins que charmante “je ne me soucie pas le moins du monde de la façon dont vous allez procéder. Si vous êtes d’accord, je vous dirai où vous irez et ce que vous y chercherez”.


Quoi? Des auras? Depuis quand pouvait-il voir les auras?

C’est à ce moment qu’il réalisa que son esprit était plongé dans les effets d’une drogue inhabituelle pour lui, qu’il ne se souvenait pas avoir prise, et qu’il n’aurait de toute façon jamais prise.

Pourquoi était-il sous tempo?

À cette question s’y ajoutaient pléthore d’autres: Comment était-il arrivé dans cette cité de Sarcelle alors qu’il faisait profil bas dans une planque à Évry quelques heures plus tôt?
Mais n’était-ce vraiment que quelques heures auparavant? Pourquoi faisait-il nuit alors qu’on n’était qu’au début de l’après-midi? la dernière fois qu’il avait ouvert les yeux? Qui étaient ces gens qui lui tiraient dessus?

Il n’avait aucune réponse, principalement à cause de ces gens misérablement vêtus qui dévalaient ce qui restait de l’escalier vers lui en tirant au jugé avec leurs Streetline Special et fusils d’assaut AK-97, leurs poignées collées avec du chatterton.

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Prologue - Quai des Brumes

Elle a toujours plu à tout le monde…

Jonathan a disparu dans l’estuaire de Rouen tandis qu’il menait des recherches sur l’extraction de propriétés de créatures parazoologiques pour les appliquer aux technologies civiles, et militaires, partenaires de Shiawase.

La disparition du jeune homme, sans histoire, est sans importance pour Un1krn. Des gens disparaissent tous les jours et s’il fallait s’en soucier, on ne pourrait jamais s’en sortir. Le fait que ce Jonathan soit l’amant, et l’ex-amant, de deux anciens clients du ‘sheep éplorés assis à la table d’à côté dans ce bar du vendredi soir qu’elle avait choisi pour être tranquille le rend un peu plus proche d’elle, mais pas plus intéressant. Par contre, que Marie Candet lui parle de disparitions dans l’estuaire liés à un phénomène qui pourrait ressembler à la Brume de Bretagne ? Jonathan est sa priorité pour le moment.

Jusqu’à ce que Xu daigne lui répondre, en tout cas. On occupe comme on peut ses week-ends.

De fil en aiguille, Un1krn rencontre Marie, puis Wizd, un bien étrange arpenteur de Paris à la saveur mystique et secrète. Celui-ci enquête sur le phénomène depuis un peu plus d’une semaine, et c’est à travers sa rencontre qu’Un1krn en apprend plus sur ce qui se trame au large de Rouen : des dockers et marins disparaissent à l’aube ou au crépuscule. Jonathan est une anomalie dans le sens où son CV ne laissait pas envisager ce type de tournant de carrière, mais la localisation a visiblement prévalu pour son recrutement par le brouillard mystique.

Un1krn renforce son opinion à travers la rencontre de proches de victimes : certains ont disparu purement et simplement, d’autres ont laissé derrière eux des esprits gardiens pour veiller sur leurs proches. Touchant et triste, mais il n’y a rien de plus à faire, la Brume n’est pas un adversaire qui se combat, seulement un qui se repousse. Et encore, quand on est au Haut-Conseil de Bretagne, sonnez les trompettes, qui tarde à venir mais que Wizd a visiblement informé.

C’est en tentant d’apaiser un de ces esprits, à la figure d’un père disparu, qu’Un1krn est confrontée à la Brume, son amie oubliée. Esprit gardien têtu, et jeune fille éveillée, la dryade tente tant bien que mal de sauver ceux qui font le choix inconscient de mourir. La Brume s’amplifie et Un1krn finit par abandonner. Puissent leurs âmes reposer en paix.

Et Jonathan dans tout ça ? Son aura est encore visible, 30 mètres sous la surface. Il est mort ou transformé en esprit. A nouveau, il n’y a rien à faire. La Brume est implacable dans son travail, s’y opposer serait vain.

Un1krn, médusée par l’échec constant de ses efforts, se rend d’abord au ‘sheep où Marie l’accueille chaleureusement jusqu’à ce que son rencard se pointe. Douche froide. Pluie froide aussi le long du chemin jusqu’à l’Eternel de Rouen, où les amis de Jonathan se réunissent en sa mémoire. Simsense et vertiges, Un1krn croise la familière figure de Juline. Elle tente sa chance à nouveau, désespérée de ne pas finir la nuit seule. La punk est intéressée, mais elle a d’autres plans pour ce soir.

Solitude. Les étudiants ne la comprennent pas, elle ne comprend pas ce monde où rien jamais ne fonctionne. Personne ne change, elle non plus, fuir Rennes n’a rien réglé.

Elle s’assourdit dans le pit d’un concert de gobrock jusqu’au petit matin. Blessée et épuisée, son chemin croise celui d’un flic et d’un connard avec un badge devant l’Eternel. Elle fuit. Ça, elle a toujours su faire, fuir. Mais c’est une bêtise, elle le sait. Perdue et désorientée, elle se rend finalement.

Le 36, des menottes trop serrées. On prend son commlink, on rit en voyant la tronche du machin. On la jette dans une cellule où trois personnes l’attendent. Elle se demande s’ils ont passé une aussi mauvaise journée.

“Putain”, dit-elle en posant ses fesses sur le banc froid. Elle soupire.

Il va falloir que la chance tourne un jour ou l’autre, sinon c’est elle qu’on va trouver dans l’estuaire.

…mais elle n’a jamais été aussi seule.

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Prologue - Anonymus

Sans aucune trace de son passé…

Stephane Larchet était mort et enterré, c’était un fait établi. Une page de la vie d’E-rezzed s’était tournée avec lui, ou du moins c’était ce qu’il pensait… Mais Stéphane Larchet n’avait pas dit son dernier mot. Et les morts sont parfois bavards.

C’est en substance ce que s’est dit E-rezzed quand le nom de Stéphane est remonté dans l’une des nombreuses alertes qu’il avait paramétrées dans la matrice. En consultant les discussions concernées, il a rapidement identifié que quelqu’un semblait se renseigner avec insistance sur son ancien compagnon du réseau Terra Nostra, sur divers forums d’activistes plus ou moins sérieux, cherchant notamment à établir ce qui avait pu lui arriver depuis sa disparition. Pseudonyme utilisé : Cute Rebel.

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Un fil de discussion notamment a retenu son attention, sur le forum Autre Futur. Cute Rebel y avait eu plus de succès qu’ailleurs grâce à l’intervention d’un autre utilisateur qui se portait garant de lui/elle, Wreck&War. Une lecture rapide du fil a partiellement rassuré E-rezzed, notamment suite à l’intervention d’un modérateur (MARCS) qui envoyait un peu bouler Cute Rebel en signalant que Stéphane Larchet avait aux dernières nouvelles rejoint Minuteman Security, une filiale de NeoNET… Pas le choix de carrière le plus logique pour un hacktiviste supposé. Au demeurant, les différents participants à la conversation semblaient plus intéressés par un rendez-vous proche auquel tous avaient visiblement prévus de se rendre.

Pourtant, il y avait dans l’insistance de Cute Rebel quelque chose qui inquiétait E-rezzed. Quelque chose qui suggérait que les questions ne s’arrêteraient pas là. Et si leurs réponses finissaient par mener à Stéphane, les chances pour qu’elles mènent aussi jusqu’à lui étaient bien trop élevées au goût d’E-rezzed. C’est pourquoi plutôt que d’en rester là, il a continué à creuser.

L’occasion de passer à autre chose s’est pourtant présentée, sous la forme d’une requête fort peu banale d’Old Master Q. Visiblement, les Réservistes avaient repéré de façon automatique une connexion associée au commcode de l’un d’entre eux… commcode qui était inactif depuis vingt-cinq ans. Ce code était celui de l’Espagnol, l’un des membres qui avait beaucoup contribué aux premiers développements de la Réserve après sa création, même s’il ne s’agissait pas d’un fondateur. Il avait disparu de la circulation alors qu’Old Master Q était encore un Réserviste fraîchement arrivé. Évidemment, la Réserve voulait en savoir plus sur cette mystérieuse connexion, et E-rezzed a accepté sans problème d’investiguer.

Ça n’a pas empêché ses premières recherches de porter sur Cute Rebel. Il n’a pas été compliqué pour le hacker de trouver son identité officielle : Sophie Larchet, brièvement adoptée par la famille Larchet entre deux centres d’aide aux adolescents en détresse, mais longtemps restée en contact avec son « frère » aîné Stéphane. Sa dernière adresse connue était dans l’un de ces centres quelque part dans l’Agglo, mais elle l’avait quitté il y a six mois dès que son dix-huitième anniversaire le lui avait permis. La piste facile s’arrêtait là.

Ses pires pressentiments confirmés, E-rezzed a eu un bref moment de flottement. Il lui paraissait plus que probable que Sophie était poussé par une fixation mal résolue sur la figure fraternelle de Stéphane, et sa ténacité promettait d’être inversement proportionnelle à sa dangerosité individuelle. Ce qui signifiait qu’elle continuerait à générer de l’attention jusqu’à ce qu’elle soit satisfaite, ce qui n’arriverait probablement jamais, jusqu’à ce qu’il lui arrive quelque chose et/ou jusqu’à ce qu’elle attire l’attention de NeoNET.

Pour continuer à remonter sa piste, il fallait sans doute se rendre dans le dernier centre d’accueil où elle avait vécu, afin de consulter les dossiers archivés et pas seulement le contenu accessible en permanence depuis la matrice. Mais E-rezzed était réticent à y consacrer immédiatement du temps alors que la requête de la Réserve méritait sans doute d’être rapidement traitée. Il a donc choisi d’attaquer d’abord la question par un autre angle. Si Wreck&War se portait garant(e) de Sophie Larchet, il ou elle la connaissait sans doute bien. Une nouvelle passe de hacking plus tard, E-rezzed avait identifié Wreck&War comme Juline Perron, domiciliée comme lui à Aubervilliers. Il savait aussi qu’elle se rendrait le soi-même à l’Eternel, un établissement installé entre autres dans le Musée, et il ne lui semblait pas improbable que Sophie Larchet l’y accompagne. Il a donc décidé de se rendre lui aussi à l’Eternel ce soir-là pour un peu de legwork à l’ancienne.

Les quelques heures qui ont précédé la soirée ont été consacrées à essayer de tracer la connexion “fantôme” de l’Espagnol. Elles ont permis à E-rezzed d’établir que la connexion s’était faite à partir d’un appareil qui datait sans doute d’il y a vingt-cinq ans, utilisant encore une technologie filaire ! Il a même réussi à commencer à tracer la présence matricielle de cette connexion, mais l’a finalement perdue quelque part au nord du Musée. Constatant qu’une nouvelle période de recherches serait nécessaire pour retrouver la connexion, E-rezzed a remis sa prochaine tentative à plus tard et filé jusqu’à l’île de la Cité, où il a pris une chambre dans un hôtel proche de Notre-Dame. Et c’est virtuellement qu’il est entré vers le milieu de soirée dans la grande salle de l’Eternel.

Une surveillance discrète lui a permis de repérer rapidement le commcode de Wreck&War et de l’identifier physiquement à partir de son commlink. Malheureusement pour lui, elle semblait être venue seule et bien qu’elle se soit entretenue avec au moins une jeune femme au cours de la soirée, il ne s’agissait pas de Sophie. Quand elle a fini par quitter les lieux pour rentrer vers Aubervilliers, il l’a prise en filature et a profité du trajet pour hacker son commlink. Sa persévérance a enfin été récompensée : en quittant l’Eternel, Wreck&War avait bien envoyé un message laconique à Cute Rebel. “Je rentre.”

…comment peut-il se construire un avenir?

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Prologue - Pourri-Gâté

Rien ne lui a jamais été impossible…

Insert adventure summary here.

… mais tout lui semble maintenant interdit.

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Prologue - Au nom du père

Dans un monde sans valeurs, la foi est son seul refuge…


Saint-Quentin-en-Yvelines, 6h11.

« Fais le tour de ton appartement en filmant bien tous les recoins. »

L’homme à l’autre bout de la communication paru décontenancé mais s’exécuta comme il put. De son côté Bartłomiej avait fermé ses volets, laissé la lumière éteinte, mit son masque balistique et activé son modulateur vocal. Certaines habitudes restent avec vous. Une fois qu’il s’était assuré que personne ne contraignait physiquement l’homme, il le laissa parler.

Bartłomiej apprit que la « collaboratrice » de son père avait été kidnappée cette nuit à Varsovie et qu’elle était vraisemblablement en route vers Paris. Une collaboratrice de 17 ans. Son père avait toujours été, à ses yeux, un lâche et pour ça il l’avait toujours méprisé. L’homme sembla vouloir conclure sa conversation avec son fils sur une note personnel mais Bartłomiej ne lui laissa pas le temps. S’il avait été courageux il n’aurait pas dû hésiter et aurait dû commencer par ça.

Il était maintenant 6h36 et Bartłomiej venait d’apprendre que sa mère était morte, qu’il avait une petite sœur, qu’elle venait d’être kidnappée et, grâce aux informations récoltées par son père, qu’il n’avait pas beaucoup de temps pour la récupérer avant qu’un taré ne la tue dans un grotesque simulacre de rituel chrétien. La matrice n’ayant jamais été son fort, les informations se récupéreraient sur le terrain mais pas avant un verre de vodka pour se réveiller.

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Saint-Quentin-en-Yvelines, 14h34.

Quand vous évoluez dans les ombres, il faut savoir choisir ses ennemis et surtout en avoir le moins possible. Le Syndykat n’en était pas un pour Bartłomiej, enfin en tout cas il valait mieux éviter de s’en faire un ennemi. La livraison devait néanmoins se faire dans un de leur entrepôt et cela enquiquinait Bartłomiej au plus haut point. Il devrait marcher sur des œufs.

Un ado gardait la porte de derrière, il pouvait aisément deviner son histoire : la mort de ses parents pendant la guerre l’avait poussé dans les bras du Syndykat, qui représentait maintenant son seul avenir et un probable LV1 français l’avait sauvé des ruelles de Wrocław. Bartłomiej reconnaissait sa part de responsabilité dans cette histoire et il lui fallut quelques instants pour collecter ses pensées. Il concentra son énergie dans sa lame puis l’immobilisa discrètement en ciblant ses centres nerveux. Une fois fait de même avec les autres sentinelles à l’intérieur de l’entrepôt il put inspecter un peu plus en détail l’entrepôt en lui-même. Il y trouva un paquet de BTLs, d’armes et de créditubes, il évita d’y toucher, inutile de provoquer encore plus d’animosités par la suite.

Un des commlinks retint néanmoins son attention, s’y trouvait des mentions de l’Éternel et d’échanges de jeunes filles dans un classeur sans mot de passe. Si Katya avait été là elle se serait probablement fendu d’une remarque cinglante envers les simplets qui géraient l’entrepôt. Bartłomiej ne put retenir un petit sourire à cette pensée, puis repris ses esprits quand le bruit d’une voiture arrivant devant l’entrepôt se fit entendre.

Razzor, qui devait visiblement gérer l’entrepôt, était en train d’engueuler les livreurs, des kapers de Tricity, et le ton montait de plus en plus entre les deux groupes. Après une courte prière Bartłomiej saisit sa chance et tira une rafale en direction de la voiture, alors que Razzor avait déjà sortis ses couteaux. Immédiatement un combat s’engagea entre kapers et hommes du Syndykat, la distraction lui permit d’amorcer son approche du camion après avoir éliminé une dernière sentinelle au niveau de l’entrepôt. Moins stupide qu’il ne l’espérait, les deux gangs se rendirent compte de la supercherie assez rapidement et Razzor tenta de s’échapper à l’intérieur du van avec les kapers. Priorité à la marchandise et au client. Bartłomiej réussi néanmoins à prendre la place d’un kaper à l’arrière du van sans que les pilotes s’en rendent compte alors que celui-ci se mettait en route.

À un feu rouge il put rentrer discrètement à l’arrière et dû faire face à une nouvelle surprise, en plus de sa sœur, deux autres jeunes filles étaient présentes. Visiblement sous l’effet d’une drogue il n’était pas possible de les réveiller. Bartłomiej contempla alors la possibilité de récupérer sa sœur et de s’arrêter là pendant de quelques instants. Mais si Dieu avait fait en sorte que cela arrive à sa sœur ce n’était probablement pas pour rien et il savait pertinemment qu’il devait s’occuper du commanditaire. Rien n’est dû au hasard et tout est entre Ses mains. À un nouveau feu rouge il sortit le plus discrètement possible du van avec sa sœur sur les épaules et s’éloigna au plus vite du van, laissant son commlink comme tracer à l’intérieur d’une des filles.

Reims, l’Éternel, 22h43

Bartłomiej prit quelques instants pour observer ce qu’était devenu la cathédrale de Reims, le mélange d’éclairages et ajouts RA enlevait au sanctuaire plusieurs fois centenaire toute grandeur mais le rendait définitivement fascinant. La dernière position connue du van était sur le parking de l’Éternel, précisément là où se passaient de temps en temps les livraisons selon le fichier récupéré dans l’entrepôt.

Une fois à l’intérieur il ne remarqua personne de particulier et se contenta de chercher le fixer du Syndykat : « Lucky Rémy » qu’il trouva à l’une des tables de jeu. Après quelques blablas sans importance Bartłomiej réussi à se faire passer pour un contact et à obtenir l’adresse de la « partie fine » : la basilique Saint-Rémi. Un effort supplémentaire fut néanmoins fournis pour retenir le visage de celui qui vendait des filles à un meurtrier dans un lieu sacré. Un jour, plus tard.

À l’inverse de la cathédrale, les alentours de la basilique étaient complètement déserts et aucun éclairage public n’éclairait les rues adjacentes. Aucun doute que le lieu appartenait toujours à l’Église. Le malaise commençait néanmoins à monter. Dans quoi était-il empêtré ? Cette nuit serait lourde de conséquences mais si Dieu l’avait mené jusqu’ici il ne pouvait se permettre de faire demi-tour.

L’intérieur était tout aussi sombre et désert que l’extérieur et il fallut à Bartłomiej quelques instants pour entendre les chants qui venaient du sous-sol. Alors qu’il s’apprêtait à descendre une flèche l’effleura et après avoir activé sa vision thermique il repéra le tireur dans l’une des galeries supérieures. Il comprit tout de suite à qui il avait à faire et laissa s’échapper un long soupir avant de courir à la poursuite de l’archer, qui finit au final par réussir à se faire la malle. Ne trouvant plus aucune trace de l’individu et pressé par le temps, il finit par se dirigeait vers le sous-sol.

La première porte donnait visiblement sur une salle d’observation, plusieurs écrans permettaient de voir sous tous les angles possibles ce qu’il se passait dans la pièce d’à côté. Happé par ce qu’il était en train de voir Bartłomiej ne vit pas l’individu caché derrière la porte et encaissa un premier coût d’épée.

Après un court échange l’homme gisait au sol, mort. Bartłomiej contempla en silence son corps quelques instants alors que les écrans de la salle qui rapportaient les horreurs qui se passaient dans la salle d’à côté se reflétaient sur son masque balistique. Il n’arrivait pas à éprouver la moindre haine envers l’homme d’armes, au moins était-il prêt à risquer sa vie pour ses croyances, aussi malsaines soient-elles et son parcours ne devait, au final, pas être si éloigné du siens. Ce qui n’était sûrement pas le cas des ordures de la pièce adjacente. Bartłomiej lui remit son épée dans ses mains et récita une courte prière pour son âme, que Dieu puisse lui pardonner ses errances.

Une fois suffisamment proche de la deuxième salle il entendit les supplications des deux filles, les râles sexuels de leurs agresseurs, leurs chants et les cordes qui frappaient l’air avant de s’abattre sur les membres dénudés des filles. Il dégoupilla un fumigène et activa sa vision thermique avant d’entrer.

Ils étaient douze, comme les apôtres, et ils gisaient maintenant au sol. Bartłomiej détacha les filles de leurs croix avant qu’elles ne suffoquent et contempla quelques instants de laisser le kaper qui avait pris la place de sa sœur sur place. Mais il n’avait fait que son boulot, travailler dans les ombres impliquait parfois de laisser ses convictions de côté. Et puis il avait quelque part fait partis des plans du Seigneur, sans lui ce réseau n’aurait pas été démantelé ce soir.

Une fois que les filles reprirent leur souffle Bartłomiej entreprit de documenter ses victimes et d’achever les blessés. Une photo, une courte vidéo, puis 3 balles dans la tête et 3 dans le cœur. Il ne fallait laisser aucune chance à ses personnes de s’en sortir vivante. Mais arrivé à la 12ème personne Bartłomiej perdit tous ses moyens, il connaissait ce visage, beaucoup de personne connaissait ce visage, pour beaucoup il avait incarné l’espoir, pour beaucoup il avait incarné un futur. Il aurait voulu tuer les filles et le kaper, ne laisser aucun témoin et partir avec le corps. Il voulut crier à pleins poumons, abattre les murs avec ses poings, tout brûler.

L’odeur de la fumé le sortit rapidement de ses pensées. L’archer avait probablement mit le feu à la basilique et il fallait déguerpir au plus vite avant l’arrivée des pompiers et de la police.

… mais que faire quand elle est ébranlée ?

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