Electric Sheep

Sunset over ArcadIA

Avant d’être un bar, le local de l’Electric Sheep appartenait à Rufus, un gringalet trop doux pour mener correctement une affaire. ArcadIA, son établissement, proposait des films tridéo à la demande, des simulateurs divers, des jeux matriciels et un bon nombre de veilles bornes d’arcade simulant la première heure du jeu vidéo. La boutique tournait correctement grâce à une communauté dévouée, à des prix bas – trop bas – et à la faible concurrence locale. Bref, Rufus n’en vivait pas correctement, mais il vivait sa passion et ça lui suffisait.

La clientèle d’ArcadIA, c’était surtout des jeunes sans histoire et des nostalgiques de l’adolescence. Parmi ceux qui contrastaient avec ce profil-type, on comptait Tim “Flab” Murochavi, un ganger par la force des choses et un virtual addict comme on en fait peu. Légende locale et régulièrement premier au classement Fidelity du bar, Flab était très apprécié pour son caractère accueillant et avenant. Un physique de brute abritant une âme de geek.

Malheureusement pour lui, et pour ArcadIA, sa vie extérieure à fini par le rattraper alors qu’il sirotait un cocktail. Elle l’a tabassé à coup de barres de fer, a traîné son corps gémissant au centre de la salle avant de le découper à la tronçonneuse devant des clients hurlant et suppliant pour leurs vies. La vie perdue de Flab s’est rapidement transformé en game over pour ArcadIA : les clients n’y venaient plus.

Rufus a revendu son affaire à perte, il est tombé dans la drogue et a disparu un jour. Personne ne sait ce qu’il est devenu.

Ashes to Ash

La nouvelle propriétaire, Ashley “Ash” Burrows, a donné un second souffle au lieu par de grands travaux de rénovation. A l’ouverture de l’Electric Sheep, peu auraient reconnu le tristement célèbre local : la moitié des cloisons ont été abattues pour former un grand espace central autour d’un bar aux reflets métalliques, plusieurs alcôves isolés par des rideaux parcourus de néons sont apparues et quelques espaces plus privés et plus sombres ont été aménagés à l’arrière.

L’ambiance sonore de l’Electric Sheep ? Gangrunge, rétropunk, turbonéon, gobrock, post-post-indus… tous les styles marginaux en fait, et le plus marginal le mieux. La vraie ambiance de l’Elec’sheep on la trouve surtout dans les gens qui se veulent tout aussi décalés : vestimentairement, socialement, politiquement, sexuellement… Il n’y a que la normalité qui n’a pas sa place ici parce qu’elle est trop facile, qu’elle manque trop de courage. Pas étonnant que les détracteurs de l’endroit le surnomment l’Elecfreak Sheep. D’autres observateurs plus éclairés soulignent que l’endroit est une echo chamber qui favorise une course à la différence comme unique mesure de la valeur humaine.

On aime ou on aime pas, mais si on aime, on ne trouve pas beaucoup d’équivalent ville. Surtout quand en plus l’Electric Sheep se veut être un bar de rencontres de toutes les sexualités, comprendre toutes sauf la normalité, ce qui attire une clientèle que l’on trouve habituellement disséminée dans les bars surfant sur les mêmes ambiances musicales.

Le bar est régulièrement la cible de groupes de haine, et il a eu l’honneur d’être cité dans quelques colonnes de blogs d’extrême droite à plusieurs reprise. Malgré toutes les tentatives de le faire fermer et toutes les visites des inspections sanitaire, du travail et autre, l’Electric Sheep tient bon.

Ombres Portées:

Electric Sheep

Shadows of Europe Shmngg SimS