Shadows of Europe

Prologue - Au nom du père

Dans un monde sans valeurs, la foi est son seul refuge…


Saint-Quentin-en-Yvelines, 6h11.

« Fais le tour de ton appartement en filmant bien tous les recoins. »

L’homme à l’autre bout de la communication paru décontenancé mais s’exécuta comme il put. De son côté Bartłomiej avait fermé ses volets, laissé la lumière éteinte, mit son masque balistique et activé son modulateur vocal. Certaines habitudes restent avec vous. Une fois qu’il s’était assuré que personne ne contraignait physiquement l’homme, il le laissa parler.

Bartłomiej apprit que la « collaboratrice » de son père avait été kidnappée cette nuit à Varsovie et qu’elle était vraisemblablement en route vers Paris. Une collaboratrice de 17 ans. Son père avait toujours été, à ses yeux, un lâche et pour ça il l’avait toujours méprisé. L’homme sembla vouloir conclure sa conversation avec son fils sur une note personnel mais Bartłomiej ne lui laissa pas le temps. S’il avait été courageux il n’aurait pas dû hésiter et aurait dû commencer par ça.

Il était maintenant 6h36 et Bartłomiej venait d’apprendre que sa mère était morte, qu’il avait une petite sœur, qu’elle venait d’être kidnappée et, grâce aux informations récoltées par son père, qu’il n’avait pas beaucoup de temps pour la récupérer avant qu’un taré ne la tue dans un grotesque simulacre de rituel chrétien. La matrice n’ayant jamais été son fort, les informations se récupéreraient sur le terrain mais pas avant un verre de vodka pour se réveiller.

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Saint-Quentin-en-Yvelines, 14h34.

Quand vous évoluez dans les ombres, il faut savoir choisir ses ennemis et surtout en avoir le moins possible. Le Syndykat n’en était pas un pour Bartłomiej, enfin en tout cas il valait mieux éviter de s’en faire un ennemi. La livraison devait néanmoins se faire dans un de leur entrepôt et cela enquiquinait Bartłomiej au plus haut point. Il devrait marcher sur des œufs.

Un ado gardait la porte de derrière, il pouvait aisément deviner son histoire : la mort de ses parents pendant la guerre l’avait poussé dans les bras du Syndykat, qui représentait maintenant son seul avenir et un probable LV1 français l’avait sauvé des ruelles de Wrocław. Bartłomiej reconnaissait sa part de responsabilité dans cette histoire et il lui fallut quelques instants pour collecter ses pensées. Il concentra son énergie dans sa lame puis l’immobilisa discrètement en ciblant ses centres nerveux. Une fois fait de même avec les autres sentinelles à l’intérieur de l’entrepôt il put inspecter un peu plus en détail l’entrepôt en lui-même. Il y trouva un paquet de BTLs, d’armes et de créditubes, il évita d’y toucher, inutile de provoquer encore plus d’animosités par la suite.

Un des commlinks retint néanmoins son attention, s’y trouvait des mentions de l’Éternel et d’échanges de jeunes filles dans un classeur sans mot de passe. Si Katya avait été là elle se serait probablement fendu d’une remarque cinglante envers les simplets qui géraient l’entrepôt. Bartłomiej ne put retenir un petit sourire à cette pensée, puis repris ses esprits quand le bruit d’une voiture arrivant devant l’entrepôt se fit entendre.

Razzor, qui devait visiblement gérer l’entrepôt, était en train d’engueuler les livreurs, des kapers de Tricity, et le ton montait de plus en plus entre les deux groupes. Après une courte prière Bartłomiej saisit sa chance et tira une rafale en direction de la voiture, alors que Razzor avait déjà sortis ses couteaux. Immédiatement un combat s’engagea entre kapers et hommes du Syndykat, la distraction lui permit d’amorcer son approche du camion après avoir éliminé une dernière sentinelle au niveau de l’entrepôt. Moins stupide qu’il ne l’espérait, les deux gangs se rendirent compte de la supercherie assez rapidement et Razzor tenta de s’échapper à l’intérieur du van avec les kapers. Priorité à la marchandise et au client. Bartłomiej réussi néanmoins à prendre la place d’un kaper à l’arrière du van sans que les pilotes s’en rendent compte alors que celui-ci se mettait en route.

À un feu rouge il put rentrer discrètement à l’arrière et dû faire face à une nouvelle surprise, en plus de sa sœur, deux autres jeunes filles étaient présentes. Visiblement sous l’effet d’une drogue il n’était pas possible de les réveiller. Bartłomiej contempla alors la possibilité de récupérer sa sœur et de s’arrêter là pendant de quelques instants. Mais si Dieu avait fait en sorte que cela arrive à sa sœur ce n’était probablement pas pour rien et il savait pertinemment qu’il devait s’occuper du commanditaire. Rien n’est dû au hasard et tout est entre Ses mains. À un nouveau feu rouge il sortit le plus discrètement possible du van avec sa sœur sur les épaules et s’éloigna au plus vite du van, laissant son commlink comme tracer à l’intérieur d’une des filles.

Reims, l’Éternel, 22h43

Bartłomiej prit quelques instants pour observer ce qu’était devenu la cathédrale de Reims, le mélange d’éclairages et ajouts RA enlevait au sanctuaire plusieurs fois centenaire toute grandeur mais le rendait définitivement fascinant. La dernière position connue du van était sur le parking de l’Éternel, précisément là où se passaient de temps en temps les livraisons selon le fichier récupéré dans l’entrepôt.

Une fois à l’intérieur il ne remarqua personne de particulier et se contenta de chercher le fixer du Syndykat : « Lucky Rémy » qu’il trouva à l’une des tables de jeu. Après quelques blablas sans importance Bartłomiej réussi à se faire passer pour un contact et à obtenir l’adresse de la « partie fine » : la basilique Saint-Rémi. Un effort supplémentaire fut néanmoins fournis pour retenir le visage de celui qui vendait des filles à un meurtrier dans un lieu sacré. Un jour, plus tard.

À l’inverse de la cathédrale, les alentours de la basilique étaient complètement déserts et aucun éclairage public n’éclairait les rues adjacentes. Aucun doute que le lieu appartenait toujours à l’Église. Le malaise commençait néanmoins à monter. Dans quoi était-il empêtré ? Cette nuit serait lourde de conséquences mais si Dieu l’avait mené jusqu’ici il ne pouvait se permettre de faire demi-tour.

L’intérieur était tout aussi sombre et désert que l’extérieur et il fallut à Bartłomiej quelques instants pour entendre les chants qui venaient du sous-sol. Alors qu’il s’apprêtait à descendre une flèche l’effleura et après avoir activé sa vision thermique il repéra le tireur dans l’une des galeries supérieures. Il comprit tout de suite à qui il avait à faire et laissa s’échapper un long soupir avant de courir à la poursuite de l’archer, qui finit au final par réussir à se faire la malle. Ne trouvant plus aucune trace de l’individu et pressé par le temps, il finit par se dirigeait vers le sous-sol.

La première porte donnait visiblement sur une salle d’observation, plusieurs écrans permettaient de voir sous tous les angles possibles ce qu’il se passait dans la pièce d’à côté. Happé par ce qu’il était en train de voir Bartłomiej ne vit pas l’individu caché derrière la porte et encaissa un premier coût d’épée.

Après un court échange l’homme gisait au sol, mort. Bartłomiej contempla en silence son corps quelques instants alors que les écrans de la salle qui rapportaient les horreurs qui se passaient dans la salle d’à côté se reflétaient sur son masque balistique. Il n’arrivait pas à éprouver la moindre haine envers l’homme d’armes, au moins était-il prêt à risquer sa vie pour ses croyances, aussi malsaines soient-elles et son parcours ne devait, au final, pas être si éloigné du siens. Ce qui n’était sûrement pas le cas des ordures de la pièce adjacente. Bartłomiej lui remit son épée dans ses mains et récita une courte prière pour son âme, que Dieu puisse lui pardonner ses errances.

Une fois suffisamment proche de la deuxième salle il entendit les supplications des deux filles, les râles sexuels de leurs agresseurs, leurs chants et les cordes qui frappaient l’air avant de s’abattre sur les membres dénudés des filles. Il dégoupilla un fumigène et activa sa vision thermique avant d’entrer.

Ils étaient douze, comme les apôtres, et ils gisaient maintenant au sol. Bartłomiej détacha les filles de leurs croix avant qu’elles ne suffoquent et contempla quelques instants de laisser le kaper qui avait pris la place de sa sœur sur place. Mais il n’avait fait que son boulot, travailler dans les ombres impliquait parfois de laisser ses convictions de côté. Et puis il avait quelque part fait partis des plans du Seigneur, sans lui ce réseau n’aurait pas été démantelé ce soir.

Une fois que les filles reprirent leur souffle Bartłomiej entreprit de documenter ses victimes et d’achever les blessés. Une photo, une courte vidéo, puis 3 balles dans la tête et 3 dans le cœur. Il ne fallait laisser aucune chance à ses personnes de s’en sortir vivante. Mais arrivé à la 12ème personne Bartłomiej perdit tous ses moyens, il connaissait ce visage, beaucoup de personne connaissait ce visage, pour beaucoup il avait incarné l’espoir, pour beaucoup il avait incarné un futur. Il aurait voulu tuer les filles et le kaper, ne laisser aucun témoin et partir avec le corps. Il voulut crier à pleins poumons, abattre les murs avec ses poings, tout brûler.

L’odeur de la fumé le sortit rapidement de ses pensées. L’archer avait probablement mit le feu à la basilique et il fallait déguerpir au plus vite avant l’arrivée des pompiers et de la police.

… mais que faire quand elle est ébranlée ?

Comments

Est-ce qu’on pourrait avoir un résumé ?

En particulier en ce qui concerne la fin ?

Que dois-je préparer pour mon scénar perso ?

Prologue - Au nom du père
Shmngg Cerelys

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